×

Message

Failed loading XML...

CAS Religion et Gouvernance ASchwab DJaillardComment faire face au terrorisme et aux conflits politico-religieux? Les historiens et anthropologues de l’Université de Genève répondent par une offre de formation continue.

Photo: Aurore Schwab et Dominique Jaillard, codirecteurs du CAS. 

Par Caroline Amberger

«Il fallait faire bouger les choses et offrir des approches alternatives», explique le professeur Dominique Jaillard, historien des religions et codirecteur du programme. «Nous devons donner des moyens et répondre à une inquiétude montante de professionnels en contact avec des acteurs religieux qui ne sont pas préparés à faire face à ces situations inédites». A l’initiative d’un réseau de chercheurs, une nouvelle formation émerge à l’Université de Genève. Son premier objectif? Répondre aux besoins du terrain en donnant des outils pragmatiques et conceptuels.

Guislain WaterlotLa Faculté de théologie de l’Université de Genève perpétue la tradition du culte de la rentrée. Or cette année, ce n’est pas un pasteur ou un théologien qui a assuré la prédication, mais le philosophe et nouveau doyen Ghislain Waterlot.

Photo: Ghislain Waterlot 

Par Laurence Villoz

Des étudiants, des professeurs et des membres de l’Eglise protestante de Genève ont rempli, mardi 19 septembre, l’Eglise luthérienne de la rue Verdaine, pour célébrer le culte de la rentrée universitaire organisé par la faculté de théologie. «C’est une très vieille tradition qui avait cours dans toutes les universités. A Genève, nous perpétuons cette pratique symbolique qui n’a rien d’officiel. Une façon également de montrer notre lien avec l’Eglise protestante de Genève», explique Ghislain Waterlot, le nouveau doyen de la faculté pour les quatre prochaines années.

Ghislain Waterlot ©UNIGEProfesseur de philosophie et d’éthique, Ghislain Waterlot est, depuis le 15 juillet, le nouveau doyen de la Faculté autonome de théologie protestante de l’Université de Genève. Interview

Photo:  ©Université de Genève

Propos recueillis par Joël Burri

Etre doyen est une charge lourde, qu’est-ce qui vous a poussé à accepter cette fonction et quelle trace aimeriez-vous laisser?

Durant les quatre années du décanat de Jean-Daniel Macchi, la formation a été profondément rénovée. Le programme du bachelor a été mis à jour, le master à distance a été créé ainsi qu’un certificat de spécialisation. De mon côté, j’aimerais mettre un fort accent sur la recherche et le rayonnement international.

Série: «La transmission de la mémoire de la Shoah»

carte postale st Gingolph CC(by) peuplier via https://flic.kr/p/bKUhT8Une thèse d’histoire remet en question le nombre de réfugiés juifs refoulés par la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. Derrière la querelle d’historien se pose une question lancinante. Et si la Suisse manquait de compétences mémorielles?

Photo: La frontière suisse est complètement fermée. Ici à Saint-Gingolph vers 1943. CC (by) peuplier 

Par Laurence Villoz et Guillaume Henchoz

C’est une recherche que peu ont pu lire, mais qui fait déjà couler beaucoup d’encre. L’historienne Ruth Fivaz-Silbermann a défendu avec succès à l’Université de Genève sa thèse de doctorat intitulée «La fuite en Suisse. Migrations, stratégies, fuite, accueil, refoulement et destin des réfugiés juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale». La chercheuse y retrace le parcours de réfugiés juifs qui se sont présentés à la frontière suisse à partir de l’été 1942: «C’est le moment où les Juifs vivants ou réfugiés en France, en Belgique ou en Hollande commencent à être déportés et exterminés systématiquement. C’est aussi le moment où la Suisse cherche à fermer complètement ses frontières». A partir du mois de novembre 1942, les Allemands occupent la Zone libre auparavant placée sous le gouvernement de Vichy. La Suisse est alors complètement entourée par les puissances de l’Axe et doit gérer l’arrivée de réfugiés à ses frontières. Certains sont refoulés. D’autres non. Selon la chercheuse, un peu moins de 3000 personnes juives se sont vues interdire l’entrée sur le territoire helvétique à la frontière franco-suisse entre 1942 et 1945, où sont passés les deux-tiers des réfugiés. D’après le rapport Bergier publié en 2002, plus de 20’000 personnes (juives et non juives) ont été refoulées le long de toute la frontière suisse, de 1939 à 1945. Le débat est ouvert.

Le bâtiment des Bastions abrite la Faculté de théologie CC(by-sa)'John Middleton' via https://flic.kr/p/edk2MpL’Université de Genève propose pour la rentrée de septembre une formation continue destinée aux imams. Ce projet répond à des préoccupations politiques et sociales autant qu’il innove en proposant une approche historico-critique de l’islam.

Photo: Le bâtiment des Bastions abrite la Faculté de théologie CC(by-sa)'John Middleton' 

Par Caroline Amberger

La communauté albanophone de Genève a sollicité la mise en place d’une formation continue des imams, ils sont désormais de nombreux musulmans à afficher un islam libéral et ne s’en cachent pas. «J’ai grandi en Suisse et ce n’est pas pour autant que je ne pratique pas ma religion, c’est la liberté de culte», explique Djelal Avdil membre de la communauté et résident genevois. «Moi je sais encore l’albanais, mais les plus jeunes ne le parle parfois plus. Nous sommes peut-être la dernière génération à avoir gardé certaines de nos traditions. Pour la religion, c’est à titre personnel que je la pratique. Je crois en quelque chose qui puisse nous rassurer dans la vie. J’ai grandi dans l’islam qui prône la tolérance et l’amour. Mais qui sont ces gens qui donnent une image si catastrophique de notre religion», s’interroge avec consternation ce jeune homme pour lequel il est évident que les imams doivent pouvoir se former et être compatibles avec les valeurs suisses auxquelles il tient beaucoup. «On doit donner le maximum de soi à ce pays qui nous a si bien accueillis», s’exclame-t-il.

Page 1 sur 9
© 2017 Protestinfo