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Laudato Si CC(by)Johan Bergström-Allen/British Province of Carmelites via https://flic.kr/p/DvcwtBÀ la veille de la visite du pape François au Conseil œcuménique des Églises (COE), à Genève, Bernd Nilles directeur de l’Action de Carême (AdC) des catholiques romains en Suisse, et Bernard DuPasquier, directeur de l’œuvre d’entraide protestante Pain pour le prochain (PPP), évoquent ensemble l’importance de l’engagement commun des chrétiens pour un développement durable.

Photo: CC(by)Johan Bergström-Allen/British Province of Carmelites

Propos recueillis par Maurice Page, cath.ch

Le pape François, qui vient à Genève le 21 juin prochain, est l’auteur de Laudato si, l’encyclique sur «la sauvegarde de notre maison commune» qu’en pensez-vous?

Bernd Nilles (AdC): Le pape François a adressé Laudato si à tous les habitants de «notre maison commune». Par hasard ou peut-être pas, nous avons développé au même moment notre message stratégique. Le pape François nous dit: «Je veux une autre économie, je veux une autre compréhension du progrès, je veux que l’on respecte les limites de la planète. Je veux une transformation sociale, économique, mais aussi personnelle». À AdC et PPP, nous sommes exactement dans ce «Zeitgeist» (esprit du temps).

Les enfants dans les mines en OugandaAlors que LafargeHolcim et ses fournisseurs ont été épinglés en 2016 pour du travail d’enfants, ils n’ont toujours rien fait pour indemniser les victimes, selon Pain pour le prochain et Action de Carême. Les deux ONG appellent le groupe cimentier à prendre ses responsabilités.

Photo: © PPP

Par Laurence Villoz

«LafargeHolcim et ses fournisseurs n’ont toujours rien fait pour dédommager les enfants», explique Daniel Tillmans responsable communication à Pain pour le prochain (PPP). En 2016, éclatait le scandale selon lequel, Hima Cement, filiale du groupe cimentier bénéficiait du travail d’environ 150 mineurs. Au mois de novembre de la même année, PPP et son partenaire local Twerwaneho Listeners Club ont mené, sur place en Ouganda, une enquête pendant six mois. Les recherches comprenant une cinquantaine d’entretiens dénonçaient l’ampleur des griefs envers les jeunes qui travaillaient dans une exploitation minière de pouzzolane, un matériau utilisé dans la production de ciment. À la suite de ce scandale, le groupe franco-suisse a décidé de n’acheter de la matière première qu’auprès de carrières mécanisées.

It ratingPour son troisième audit des géants de l’informatique et des smartphones, Pain pour le prochain constate une amélioration sensible sur les questions environnementales, mais un manque d’engagement en ce qui concerne le respect du droit du travail.

Par Joël Burri

Certains élèves moyens ont fait de beaux progrès, les bons élèves ont peu progressé, et les cancres n’ont fait aucun effort. C’est ce qui ressort à la lecture du dernier bulletin de notes des entreprises de l’électronique dévoilé mardi 21 novembre par Pain pour le prochain et son partenaire local SACOM. A l’occasion de cette publication, l’organisation caritative et son partenaire Action de carême lancent une pétition demandant que les universités, grosses consommatrices de produits électroniques ne se fournissent qu’auprès des bons élèves. Apple et HP restent les mieux notés alors qu’en queue de classement figurent HTC et Huawei.

Visuel du cycle de conférence "tout peut (encore) changer" DRMouvements citoyens, alimentation, éducation, écologie… «Tout peut (encore) changer»! Un cycle de sept conférences explorera la transition vers de nouveaux paradigmes viables, dès le 14 novembre au Casino de Montbenon, à Lausanne.

Par Joël Burri et Laurence Villoz

«Ce à quoi l’on est appelé, c’est à un changement culturel. Notre société doit changer son système de valeurs afin de viser des idéaux qui permettent un mode de vie durable», explique le sociologue Michel Maxime Egger, responsable du laboratoire «transition intérieure» de Pain pour le prochain (PPP). Et pour ce spécialiste, la transition écologique est l’un des principaux, si ce n’est le défi de notre temps.

Plusieurs organisations se sont réunies devant le Palais des nations durant la réunion du groupe de travail de l’Organisation des Nations unies pour un traité contraignant sur les entreprises et les droits de l’homme.De passage à Genève, une militante raconte comment son peuple s’est vu privé de ses ressources à cause de l’exploitation de la palme par une entreprise pourtant labélisée pour son respect de l’environnement et des droits humains.

Photo: Plusieurs organisations se sont réunies devant le Palais des nations à Genève durant la réunion du groupe de travail de l’Organisation des Nations unies pour un traité contraignant sur les entreprises et les droits de l’homme.

Par Joël Burri

«La rivière était tout pour nous. On buvait son eau, on l’utilisait pour irriguer nos cultures, pour abreuver nos animaux, on s’y lavait. L’entreprise qui exploite des palmiers à huile nous a pris nos champs, elle a détourné la rivière. Désormais, l’eau est salée par le reflux de la mer proche et elle est polluée par l’exploitation des palmiers», raconte une militante de l’association Madre Tierra que nous appellerons Roberta. L’entreprise qui exploite cette région du nord-ouest du Honduras où vivent des membres de la minorité Garifuna, reconnaît dans son raport annuel qu’il existe encore des problèmes de contestation des terres, cela ne l’empêche pas d’être labélisée par la table ronde sur l’huile de palme durable (RSPO). Sa production est donc vendue en Occident comme durable et respecteuse des droits humains.

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