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Affiche de «La cuchaule interdite»La cohabitation entre confessions dans le canton de Fribourg: un sujet sérieux revisité avec humour samedi soir et dimanche après-midi sur la scène de la Fourmilière à Villaraboud.

Par Joël Burri

«Je pense que dans les années 1900 jamais on aurait pu imaginer qu’entre catholiques et protestants on puisse bien s’entendre», explique un pasteur à la paroissienne qu’il a embarqué dans un voyage temporel à la recherche de la recette de la cuchaule protestante. Les deux protagonistes viennent d’assister à une rencontre entre prêtres en 1890, inquiets de voir l’entrepreneur veveysan, donc protestant, Cailler projeter de construire, juste avant le carême, une usine de chocolat à Broc, dans la très catholique Gruyère.

Les chats noirs sont également accusés de porter malheur CC(0) via https://pixabay.com/fr/vendredi-13-hypnose-chat-chat-noir-1416147/Les recherches menées sur les superstitions sont fortement connotées. L’historien Yann Dahhaoui s’est passionné pour cette question qui n’a pas encore livré tous ses mystères.

Par Joël Burri

Photo: Les chats noirs sont également accusés de porter malheur CC(0)

Mais d’où vient la crainte du vendredi 13? Difficile de répondre à cette question sans être influencé par notre culture et nos préjugés, selon Yann Dahhaoui premier assistant à l’Institut d’histoire et anthropologie des religions à l'Université de Lausanne qui a approfondi la question des superstitions. «Il est difficile de prouver qu’un lien existe entre une superstition et une autre. En cherchant à remonter vers les origines d’une tradition, on risque de créer des liens qui n’existent pas, mais qui satisfont le besoin que nous avons d’établir une généalogie entre les croyances.»

mercredi, 07 février 2018 09:30

La Réforme aussi a ses «fake news»

Le château d'Yverdon CC(by) Mark Goebel via https://flic.kr/p/5U4A1hLes fausses idées sur la Réforme sont nombreuses: jeudi soir au château d’Yverdon-les-Bains, l’historien Michel Grandjean mettra le doigt sur certaines d’entre elles. En marge de cette conférence, une exposition de livres anciens, une présentation de costumes et même une dégustation de spécialité de la région de Luther

Photo: Le château d'Yverdon CC(by) Mark Goebel

Par Joël Burri 

«Le concept de Réforme est l’un des concepts les plus éculés au XVIe siècle. Tout le monde parle de réformer l’Église. Déjà un siècle avant Luther, Jan Hus revendique des réformes, mais le concile qui l’a condamné voulait aussi réformer», explique Michel Grandjean, professeur d’histoire à l’Université de Genève. «Victor Hugo disait que rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue. Jan Hus avait beau être un bon prédicateur, quand il prêchait, même devant 1000 personnes, après une heure on se souvenait qu’il était convaincant, mais après deux mois que restait-il de ses arguments? Un siècle après, Luther a pu profiter de l’imprimerie. Ses écrits étaient diffusés en milliers d’exemplaires, si bien qu’au moment de la Diète de Worms, on peut imaginer que tout le monde en Allemagne avait entendu parler de lui.»

Série: «La transmission de la mémoire de la Shoah»

la ShoahQuelles conséquences la disparition des rescapés peut-elle avoir sur l’enseignement de l’histoire en Suisse romande ? Peut-on se priver de leur témoignage pour enseigner ce qu’a été la Shoah?

Photo: CC (by-nc-nd) Evan Lavine

Par Laurence Villoz et Guillaume Henchoz

Alors que le dernier poilu de la Première Guerre mondiale a disparu en 2008, les rangs des rescapés de la Shoah sont de plus en plus clairsemés. Les témoins encore en vie sont maintenant très âgés et ils sont peu nombreux à pouvoir encore se déplacer pour raconter. La mémoire vivante de leur témoignage est en passe de s’effacer pour faire place à une autre mémoire, culturelle et institutionnelle, entretenue par les associations, et les pouvoirs publics. Quelles sont les conséquences de ce changement, notamment sur les écoles? «Il faut effectivement s’interroger sur les manières dont on peut raconter l’histoire  de la Seconde Guerre mondiale alors que les témoins directs de cette dernière ont bientôt tous disparu», lance l’historien Dominique Dirlewanger qui enseigne également au gymnase. Pour lui, le passage d’un témoin dans les classes est un événement marquant: «Si vous avez déjà assisté à un témoignage direct, vous vous rendez compte qu’on ne pourra pas reproduire ça même avec le meilleur des films. Quand un survivant intervient dans une classe, qu’il relève sa chemise pour montrer le tatouage inscrit sur son bras par les SS, cela devient une incarnation du passé très vive.»

Série: «La transmission de la mémoire de la Shoah»

carte postale st Gingolph CC(by) peuplier via https://flic.kr/p/bKUhT8Une thèse d’histoire remet en question le nombre de réfugiés juifs refoulés par la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. Derrière la querelle d’historien se pose une question lancinante. Et si la Suisse manquait de compétences mémorielles?

Photo: La frontière suisse est complètement fermée. Ici à Saint-Gingolph vers 1943. CC (by) peuplier 

Par Laurence Villoz et Guillaume Henchoz

C’est une recherche que peu ont pu lire, mais qui fait déjà couler beaucoup d’encre. L’historienne Ruth Fivaz-Silbermann a défendu avec succès à l’Université de Genève sa thèse de doctorat intitulée «La fuite en Suisse. Migrations, stratégies, fuite, accueil, refoulement et destin des réfugiés juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale». La chercheuse y retrace le parcours de réfugiés juifs qui se sont présentés à la frontière suisse à partir de l’été 1942: «C’est le moment où les Juifs vivants ou réfugiés en France, en Belgique ou en Hollande commencent à être déportés et exterminés systématiquement. C’est aussi le moment où la Suisse cherche à fermer complètement ses frontières». A partir du mois de novembre 1942, les Allemands occupent la Zone libre auparavant placée sous le gouvernement de Vichy. La Suisse est alors complètement entourée par les puissances de l’Axe et doit gérer l’arrivée de réfugiés à ses frontières. Certains sont refoulés. D’autres non. Selon la chercheuse, un peu moins de 3000 personnes juives se sont vues interdire l’entrée sur le territoire helvétique à la frontière franco-suisse entre 1942 et 1945, où sont passés les deux-tiers des réfugiés. D’après le rapport Bergier publié en 2002, plus de 20’000 personnes (juives et non juives) ont été refoulées le long de toute la frontière suisse, de 1939 à 1945. Le débat est ouvert.

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