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Série: «La transmission de la mémoire de la Shoah»

carte postale st Gingolph CC(by) peuplier via https://flic.kr/p/bKUhT8Une thèse d’histoire remet en question le nombre de réfugiés juifs refoulés par la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. Derrière la querelle d’historien se pose une question lancinante. Et si la Suisse manquait de compétences mémorielles?

Photo: La frontière suisse est complètement fermée. Ici à Saint-Gingolph vers 1943. CC (by) peuplier 

Par Laurence Villoz et Guillaume Henchoz

C’est une recherche que peu ont pu lire, mais qui fait déjà couler beaucoup d’encre. L’historienne Ruth Fivaz-Silbermann a défendu avec succès à l’Université de Genève sa thèse de doctorat intitulée «La fuite en Suisse. Migrations, stratégies, fuite, accueil, refoulement et destin des réfugiés juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale». La chercheuse y retrace le parcours de réfugiés juifs qui se sont présentés à la frontière suisse à partir de l’été 1942: «C’est le moment où les Juifs vivants ou réfugiés en France, en Belgique ou en Hollande commencent à être déportés et exterminés systématiquement. C’est aussi le moment où la Suisse cherche à fermer complètement ses frontières». A partir du mois de novembre 1942, les Allemands occupent la Zone libre auparavant placée sous le gouvernement de Vichy. La Suisse est alors complètement entourée par les puissances de l’Axe et doit gérer l’arrivée de réfugiés à ses frontières. Certains sont refoulés. D’autres non. Selon la chercheuse, un peu moins de 3000 personnes juives se sont vues interdire l’entrée sur le territoire helvétique à la frontière franco-suisse entre 1942 et 1945, où sont passés les deux-tiers des réfugiés. D’après le rapport Bergier publié en 2002, plus de 20’000 personnes (juives et non juives) ont été refoulées le long de toute la frontière suisse, de 1939 à 1945. Le débat est ouvert.

memorial Leipzig ©LVSérie: «La transmission de la mémoire de la Shoah»

Protestinfo propose une série d’été sur la transmission de la mémoire de la Shoah. Ce dossier sera diffusé de façon hebdomadaire pendant les mois de juillet et d’août, dès le 7 juillet.

Photo: Mémorial de la Shoah à Leipzig. 

Alors que les derniers survivants des camps sont presque tous décédés, Protestinfo s’est intéressé à la façon de transmettre la mémoire de la Shoah. A travers une série de sept articles, des spécialistes, des historiens et des témoins analysent les mécanismes mémoriels au sein des familles, de la population et des différents états. Une rescapée du camp de Drancy raconte son histoire et la manière dont elle a partagé son vécu avec sa descendance. Si les victimes des crimes de masses n’ont cessé d’exprimer les souffrances qu’ils ont subies, leurs bourreaux se taisent. Et quand ils parlent, ils se victimisent. Qu’en est-il de leurs enfants?

guerisseur main CC(by-nd) Jlhopgood via https://flic.kr/p/bwyU1VL’office statistique du canton de Vaud exploitant les chiffres d’une enquête sur les «Pratiques et croyances religieuses et spirituelles en Suisse» déclare dans un récent communiqué que «six vaudois sur dix pensent que certaines personnes possèdent un don de guérison ou de voyance contre 49% des Suisses». Pour autant, ce chiffre n’illustre pas une spécificité vaudoise, mais reflète un Röstigraben selon Magali Jenny.

Photo: CC(by-nd) Jlhopgood 

Par Caroline Amberger

«Certaines personnes possèderaient un don de guérison ou de voyances, six vaudois sur dix sont prêts à en mettre leur main au feu (61%), soit davantage qu’en Suisse (49%)», nous explique le Numerus n°5 de juin, bulletin de Statistique Vaud. Une spécificité vaudoise? Non, selon Magali Jenny, maître assistante à l’université de Fribourg dont un des champs de recherche a porté sur les guérisseurs en Suisse. «Les Suisses allemands sont peut-être plus cartésiens que les Suisses romands lorsqu’il s’agit de faire appel à des guérisseurs. Il y a une grande différence entre les deux.

Sur la forme et sur le fond, les religions se réinventent sans cesse. CC(by-sa) TurbulentForce via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Harvest_Community_Church_Goshen_Worship_Service_1-24-2016.jpgProtestinfo propose régulièrement des éditos rédigés par des membres des rédactions de Médias-pro.

Rédacteur responsable de Protestinfo, Joël Burri partage trois filtres permettant de mettre en perspective tout ce qui se dit sur la religion.

Photo: sur la forme et sur le fond, les religions se réinventent sans cesse. CC(by-sa) TurbulentForce

Pour parler de religion avec un tant soit peu de sérieux, il faudrait avoir un minimum de connaissance des diverses spiritualités. Un objectif difficile à atteindre à une époque où l’on ne connaît généralement même pas les croyances qui ont forgé sa propre culture. La religion serait-elle condamnée à faire partie de ces sujets dont le traitement par et pour le grand public relève du poncif de café du commerce?

culte animaux reussillesChiens, chevaux, cochons d’Inde ont accompagné les humains au culte samedi aux Reussilles, près de Tramelan (BE).

Par Joël Burri

«Une relation avec un animal, qui est à mon sens symbole de l’innocence, cela nous permet de vivre une expérience spirituelle», a expliqué la pasteure Françoise Surdez. «L’animal nous invite à développer notre sixième sens, le sens de l’émerveillement», a expliqué la pasteure qui prêchait samedi aux Reussilles sur le premier récit de création de la Genèse. Devant une assemblée composée d’une huitantaine d’humains, d’une vingtaine de chiens, de deux chevaux et de deux cochons d’Inde. Un mouton était excusé et l’on a même vu un crocodile... en peluche, parmi les fidèles.

La synagogue de Lausanne en 2008 CC(by-sa) Archipat via https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Lausannesynagogue.jpgPour les communautés juives vivant hors d’Israël, se trouver un chef religieux relève parfois du parcours du combattant. Les difficultés rencontrées par les traditionalistes de Lausanne et les libéraux de Genève en sont la preuve.

Photo: La synagogue de Lausanne. CC(by-sa) Archipat 

Par Aline Jaccottet

Le 12 octobre, les juifs de Lausanne n’auront peut-être plus de rabbin. Lionel Elkaïm repart en effet vivre en Israël et il quittera ses fonctions au lendemain de la fête des Cabanes. Une commission de recherche composée de trois femmes et de cinq hommes a été désignée pour lui trouver un remplaçant. Sa mission semble friser l’impossible: il s’agit de dénicher un rabbin dont le titre soit reconnu, d’obédience orthodoxe, ayant au moins cinq ans d’expérience à la tête d’une communauté, le baccalauréat, une parfaite maîtrise des rites ashkénaze et séfarade et parlant parfaitement français.

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