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  • 08 octobre 2018 - 09:37
  • laurence villoz 3528 signes
Solidarité

Point d’appui, un lieu d’asile au cœur de Lausanne

Le temps d’un café ou d’un échange, Point d’appui offre un peu de répit à ceux dont la vie n’est qu’instabilité. Depuis quinze ans, cet espace accueille et accompagne les migrants à Lausanne.

Par Laurence Villoz

Un jeune homme sirote un café installé dans un canapé. Quelques personnes s’affairent en cuisine pendant que d’autres discutent autour d’une grande table en bois. «La majorité des utilisateurs ont fait une demande d’asile et en sont à différents stades de la procédure. Certains ont reçu le statut de réfugiés, d’autres sont en attente ou déboutés», explique Diane Barraud, aumônière à Point d’appui. Créé en 2003, cet espace multiculturel, au centre de Lausanne, offre aux personnes issues de la migration un lieu bienveillant pour discuter, obtenir des conseils ou de l’aide par rapport à des démarches administratives.

«Entre 20 et 30 personnes passent chaque jour. Il y a des habitués et des usagers ponctuels», constate la pasteure. Point d’appui est ouvert du lundi au vendredi. Cette structure portée par les Églises protestante et catholique propose différentes prestations, toutes gratuites, et sans aucune distinction religieuse. Au-delà de l’accueil, les trois aumôniers sont disponibles pour des entretiens individuels quand les utilisateurs en font la demande. «Ils nous sollicitent pour des raisons extrêmement variées. Cela peut concerner une réponse négative par rapport à leur demande d’asile, un départ à l’étranger, mais aussi des difficultés sociales ou d’autres problématiques concrètes», raconte Diane Barraud.

Des personnes en souffrance

«Les réfugiés ont souvent effectué un long voyage pour arriver en Suisse. Et il y a un décalage entre leurs projets de vie, leurs souhaits et ce que définit le cadre légal de notre pays. On entend fréquemment: ‘je fais tout bien, je suis honnête et pourtant on me refuse’», explique l’aumônière qui constate un durcissement de la politique d’asile. «On sent que l’entonnoir se resserre. Les différentes lois sur l’asile et les étrangers évoluent vers la fermeture, cela devient vraiment difficile. La police utilise des moyens qui sont les mêmes que pour les affaires pénales, c’est-à-dire perquisition chez les gens pendant la nuit, séparation des enfants et des parents durant les transports. Ces situations sont extrêmement traumatisantes pour ces personnes qui vivent très mal le fait d’être traitées comme des criminels alors qu’elles n’ont rien fait.»

Les aumôniers écoutent et accompagnent les réfugiés, travaillant en réseau avec les autres institutions qui s’occupent de la migration. S’agit-il d’un accompagnement spirituel? «La majorité des personnes que nous accueillons ici ont une foi et une appartenance religieuse largement supérieure à la moyenne européenne. Le lien de la foi est particulièrement important pour eux dans cette période d’insécurité, ballotés d’un pays à un autre. Nous les rencontrons dans un moment de vie souvent à la croisée des chemins, je trouve que nos entretiens sont éminemment spirituels».

Des écrivains publics et des cours de français

Point d’appui offre également d’autres prestations comme un service d’écrivains publics qui s’occupent de répondre aux courriers administratifs des personnes migrantes ou de les aider à écrire un CV. Des cours de français, des ateliers de conversation et un coin internet sont également proposés. Tout comme des vêtements à bas prix et de la distribution de nourriture. La structure fonctionne avec trois aumôniers qui se partagent deux postes à plein temps ainsi que deux civilistes, mais surtout grâce à une soixantaine de bénévoles qui y consacrent une demi-journée par semaine en moyenne. «Point d’appui vit grâce au bénévolat. D’ailleurs, certains bénéficiaires deviennent par la suite bénévoles.»

Point d’Appui a été créé par la diacre Brigitte Zilocchi et le prêtre Jean-Pierre Barbey en février 2003. Pour célébrer ces quinze ans d’existence, l’espace a organisé une fête samedi 6 octobre pour remercier ses bénévoles et principaux partenaires.

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